Fenêtres : tout démarchage téléphonique est illégal en 2026

Guide 2026Mis à jour : octobre 2026·Lecture : 7 min

Aucune entreprise n'a le droit de vous appeler pour vous vendre des fenêtres : depuis le 11 août 2026, la prospection téléphonique en rénovation énergétique est interdite même si vous avez coché une case d'accord, rappelle la DGCCRF dans sa fiche pratique du 27 juillet 2026. Un contrat signé à la suite d'un tel appel est nul, et vous disposez en plus de 14 jours de rétractation. Voici comment reconnaître l'appel interdit, ce qu'il vous coûterait, et quoi faire si vous avez déjà signé.

Femme sceptique regardant son téléphone devant la fenêtre de son salon
✓ À retenir
  • Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique exige votre consentement préalable — sauf en rénovation énergétique, où il reste interdit même avec votre accord (DGCCRF, actualité du 5 août 2026).
  • Le remplacement de fenêtres entre dans ce périmètre : l'appel commercial non sollicité est illégal, et le contrat signé derrière est nul (article L. 223-1 du code de la consommation, loi du 24 juillet 2020).
  • L'amende atteint 75 000 € par appel pour le démarcheur et 375 000 € pour l'entreprise ; en 2024, la DGCCRF a sanctionné une société d'Île-de-France à hauteur de 1,5 million d'euros.
  • Depuis le décret n° 2026-822 du 25 août 2026, MaPrimeRénov' ne finance plus le changement de fenêtres seul : toute promesse de cette prime au téléphone est aujourd'hui fausse.

Un appel pour vos fenêtres : interdit, consentement ou pas

Depuis le 11 août 2026, un professionnel ne peut plus vous appeler sans votre accord préalable — et en rénovation énergétique, l'interdiction est totale : aucun consentement ne la lève. Le démarchage téléphonique, c'est l'appel commercial que vous n'avez pas demandé, passé à un numéro obtenu sans que vous ayez explicitement accepté d'être contacté. La fiche pratique publiée par la DGCCRF le 27 juillet 2026 l'écrit sans détour : la prospection téléphonique est totalement interdite en rénovation énergétique, au même titre que pour l'adaptation du logement au grand âge et le compte personnel de formation.

Le remplacement de fenêtres et de menuiseries est un travail d'économie d'énergie : il relève donc de l'article L. 223-1 du code de la consommation, issu de la loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020. L'interdiction n'a donc pas attendu août 2026 dans ce secteur — elle a six ans. Ce qui a changé le 11 août, c'est le régime général : le fichier d'opposition Bloctel a disparu, remplacé par un consentement explicite à recueillir avant tout appel.

Le test en trois secondes : si la voix au bout du fil parle de vos fenêtres, de vos « aides » ou d'un « diagnostic gratuit » et que vous n'avez rien demandé, l'appel est illégal — quelle que soit l'explication qu'on vous donnera sur l'origine de votre numéro. Raccrocher ne vous fait rien perdre : c'est l'entreprise qui est en infraction.

Ce que la loi du 11 août 2026 a changé pour tous les autres appels

Pour les secteurs où le démarchage reste permis, la règle s'est inversée : il faut votre accord avant l'appel, et non plus votre inscription sur une liste pour l'éviter. Le dispositif découle de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques, précisée par le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026.

RègleAvant le 11 août 2026Depuis le 11 août 2026
PrincipeAppel autorisé sauf inscription sur BloctelAppel interdit sans consentement préalable
Nature du consentementCase pré-cochée toléréeActif et éclairé, valable 1 an maximum
Charge de la preuveAu consommateurÀ l'entreprise, qui la conserve 3 ans
Horaires d'appel10h-13h et 14h-20h, du lundi au vendrediIdentiques, jours fériés exclus
Fréquence4 appels par mois maximumInchangée
Rénovation énergétiqueInterdite depuis 2020Interdite, même avec votre consentement

Source : DGCCRF, fiche pratique du 27 juillet 2026 et actualité du 5 août 2026.

Une seule porte reste ouverte, et c'est vous qui la tenez : après une demande explicite de votre part — un devis, une estimation —, le professionnel peut vous rappeler dans les cinq jours ouvrables, et uniquement sur l'objet de votre demande. Toute la différence est là : subir un appel, ou en déclencher un.

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Pourquoi les fenêtres restent la cible numéro un

Les fenêtres concentrent les appels frauduleux parce qu'elles concentrent les projets. Selon l'UFME, l'union des fabricants de menuiseries, 40 % des propriétaires commencent leur rénovation par les fenêtres et 71 % enchaînent ensuite sur d'autres travaux de performance énergétique ; près de 30 % des logements français ont encore du simple vitrage.

Ce volume attire les professionnels indélicats. Dans son communiqué du 29 septembre 2025, la DGCCRF indique avoir contrôlé près de 1 000 établissements de la rénovation énergétique en 2024, soit 20 % de plus qu'en 2023, et relevé des manquements graves chez 34 % d'entre eux — un taux qu'elle précise non représentatif du secteur, les contrôles partant des plaintes. La même année, la plateforme SignalConso a enregistré près de 26 000 signalements liés à la rénovation énergétique.

Les suites ne sont pas symboliques : plus de 140 injonctions de mise en conformité, plus de 50 amendes administratives — principalement pour démarchage téléphonique illicite — et plus de 140 procès-verbaux pénaux transmis à la justice, toujours selon ce communiqué du 29 septembre 2025. Une entreprise d'Île-de-France a écopé de 1,5 million d'euros d'amende en 2024.

L'argument commercial qui ne tient plus : « profitez de MaPrimeRénov' avant la fin ». Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026, publié au Journal officiel du 27 août, a sorti le remplacement de fenêtres du parcours MaPrimeRénov' par geste pour toute demande déposée à compter du 1er septembre 2026. Qui vous promet aujourd'hui cette prime pour un simple changement de fenêtres se trompe ou vous trompe. Pour mémoire, l'UFME chiffrait l'aide supprimée à 50 à 100 € par fenêtre.

Au téléphone : la marche à suivre en quatre gestes

Ne discutez pas, ne confirmez rien, notez, signalez. L'échange prolongé ne sert qu'à l'appelant : c'est pendant la conversation qu'on obtient votre adresse, l'année de construction de votre maison et un créneau de rendez-vous.

  1. Ne confirmez aucune information personnelle, pas même votre nom : un « oui » enregistré peut être présenté plus tard comme un accord.
  2. Demandez le nom de l'entreprise et son numéro SIRET, puis annoncez que vous mettez fin à l'appel. La loi vous autorise à retirer votre consentement oralement, à tout moment, pendant la conversation.
  3. Notez la date, l'heure et le numéro appelant : ce sont ces éléments que la DGCCRF exploite pour remonter jusqu'à l'entreprise.
  4. Signalez l'appel sur SignalConso, le service public de signalement de la DGCCRF — le canal qui a produit les quelque 26 000 signalements de 2024 et qui déclenche les contrôles.

Attention : l'interdiction ne vise que le téléphone. Le démarchage à domicile reste légal, encadré par les articles L. 221-5 et suivants du code de la consommation. Si quelqu'un sonne à votre porte, ce sont les règles du devis qui s'appliquent — elles sont détaillées dans notre guide des vérifications légales avant de signer un devis de fenêtres.

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Vous avez déjà signé : trois leviers, dans cet ordre

Un contrat de fenêtres signé après un appel non sollicité est nul. L'article L. 223-1 du code de la consommation frappe de nullité le contrat conclu à la suite d'un démarchage téléphonique interdit, comme le rappelle l'Institut national de la consommation. C'est le levier le plus puissant, mais deux autres sont plus simples à actionner et suffisent souvent.

LevierDélaiCe que vous obtenez
Nullité pour démarchage interditAucun délai de rétractation à respecterLe contrat est réputé n'avoir jamais existé
Rétractation (art. L. 221-18)14 jours à compter de la conclusion du contratRemboursement sous 14 jours, sans motif ni frais
Rétractation prolongée12 mois de plus si le formulaire type manqueMême effet, sur un délai très allongé

Source : Service-Public.fr, fiche « Démarchage à domicile », mise à jour du 11 août 2026.

Vérifiez ensuite le contrat lui-même. Service-Public.fr rappelle, dans cette fiche mise à jour le 11 août 2026, qu'un contrat hors établissement doit mentionner le SIRET et la forme sociale de l'entreprise, le prix unitaire et le prix global TTC, le délai d'exécution, les garanties, la disponibilité des pièces détachées, le médiateur de la consommation compétent et le formulaire type de rétractation. Un contrat auquel il manque une de ces mentions n'est pas valable, et l'absence de contrat conforme expose le professionnel à deux ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende.

Le réflexe qui sauve : ne versez rien pendant sept jours. Un vendeur à domicile n'a pas le droit d'encaisser un chèque, un acompte ou une autorisation de prélèvement avant l'expiration d'un délai de sept jours suivant la signature, ni de démarrer le chantier dans ce délai — quelques cas exceptés, comme une réunion organisée à votre domicile. Exiger ce paiement l'expose à deux ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende (Service-Public.fr, 11 août 2026).

La seule façon propre de faire chiffrer ses fenêtres en 2026

La démarche légale part toujours de vous : vous demandez, l'entreprise répond. Elle dispose alors de cinq jours ouvrables pour vous rappeler, et seulement sur l'objet de votre demande, précise la DGCCRF dans sa fiche du 27 juillet 2026. Tout le reste est une infraction.

Reste à savoir ce que votre projet peut encore obtenir. Depuis le 1er septembre 2026, le geste « fenêtres » seul n'ouvre plus droit à MaPrimeRénov', mais la TVA à 5,5 %, l'éco-prêt à taux zéro et le parcours accompagné de rénovation d'ampleur restent mobilisables selon votre situation. Le simulateur fait ce tri en quelques questions, sans aucun appel entrant.

  • Exigez trois devis écrits et comparez-les à prestations identiques : dépose, pose, finitions, évacuation.
  • Vérifiez la qualification RGE de l'installateur sur l'annuaire officiel France Rénov' : elle conditionne la prime CEE et le taux de TVA réduit.
  • Ne signez jamais le jour même d'une visite : aucune offre sérieuse ne disparaît en vingt-quatre heures.
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Questions fréquentes

Le démarchage téléphonique pour des fenêtres est-il vraiment interdit en 2026 ?

Oui, totalement. La DGCCRF indique dans sa fiche pratique du 27 juillet 2026 que la prospection téléphonique est interdite en rénovation énergétique même lorsque le consommateur a donné son consentement. Le remplacement de fenêtres étant un travail d'économie d'énergie, il relève de l'article L. 223-1 du code de la consommation, issu de la loi du 24 juillet 2020 : tout appel commercial non sollicité à ce sujet est illégal.

Que risque une entreprise qui m'appelle pour mes fenêtres ?

Jusqu'à 75 000 € d'amende par appel pour la personne qui démarche et 375 000 € pour l'entreprise, avec publication systématique de la sanction par la DGCCRF. En cas d'abus de faiblesse visant une personne vulnérable, la peine monte à cinq ans d'emprisonnement et 500 000 € d'amende, ou 10 % du chiffre d'affaires. En 2024, une société d'Île-de-France a été sanctionnée à hauteur de 1,5 million d'euros.

J'ai signé un bon de commande après un appel : puis-je annuler ?

Oui, par trois voies. Le contrat conclu à la suite d'un démarchage téléphonique interdit est nul au titre de l'article L. 223-1 du code de la consommation. À défaut, vous disposez de 14 jours de rétractation sans motif, prolongés de 12 mois si le formulaire type de rétractation ne vous a pas été remis. Adressez votre demande par lettre recommandée et ne versez aucun acompte dans les sept jours suivant la signature.

Bloctel existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Le dispositif a disparu le 11 août 2026, avec l'entrée en vigueur de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025. La logique est inversée : il n'y a plus de liste sur laquelle s'inscrire, c'est au professionnel de recueillir votre accord explicite avant d'appeler, de le conserver trois ans et de le renouveler au bout d'un an maximum.

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