Carport solaire 2026 : faut-il encore vendre son surplus ?
Depuis l'arrêté du 1er juin 2026, le surplus d'un carport solaire n'est plus racheté que 1,1 c€/kWh HT : sur un carport de 4 kWc, cela représente 7 à 34 € par an selon ce que vous consommez sur place. La vraie question n'est donc plus « combien vais-je gagner ? », mais « ce contrat de vente vaut-il encore la peine d'être signé ? ». L'alternative porte un nom : la CACSI, ou Convention d'AutoConsommation Sans Injection, la convention par laquelle vous vous engagez auprès d'Enedis à n'envoyer aucun kilowattheure sur le réseau.

- Depuis l'arrêté du 1er juin 2026, le surplus injecté est racheté 1,1 c€/kWh HT, alors que le kWh acheté au tarif réglementé vaut 0,2001 € depuis le 1er août 2026 : un kilowattheure gardé chez vous vaut environ 18 fois un kilowattheure vendu.
- Sur un carport de 4 kWc autoconsommé à 70 %, la vente du surplus rapporte de l'ordre de 15 € HT par an — qu'Enedis vous demande de facturer vous-même chaque année à EDF OA.
- La CACSI supprime le contrat d'achat, la facturation annuelle et le responsable d'équilibre. En échange, l'installation ne doit rien injecter : c'est un engagement de non-injection, pas une autorisation d'injecter gratuitement.
- Céder son surplus gratuitement au réseau reste possible, mais seulement sous 3 kVA de puissance de raccordement en injection — ce qui exclut la quasi-totalité des carports.
- Ce que rapporte réellement le surplus d'un carport en 2026
- Ne rien vendre : deux régimes, un seul ouvert au-delà de 3 kVA
- Passer en zéro injection : ce que demande Enedis
- Pourquoi le carport est le cas où la CACSI se défend le mieux
- Les trois cas où il vaut mieux garder la vente du surplus
- Questions fréquentes
Ce que rapporte réellement le surplus d'un carport en 2026
Entre 7 et 34 € HT par an. C'est la fourchette de ce que rapporte aujourd'hui le surplus d'un carport solaire de 4 kWc, selon la part de production que vous consommez sur place. L'arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel du 4 juin et applicable aux demandes de raccordement complètes déposées à compter du 5 juin, a ramené le tarif d'achat à 1,1 c€/kWh HT, indexé de 2 % par an sur vingt ans, et supprimé la prime à l'investissement.
Le calcul ci-dessous part d'un carport de 4 kWc produisant 4 400 kWh par an, soit 1 100 kWh par kWc — la moyenne française, sachant que la carte de l'ADEME situe le productible entre 900 kWh/kWc dans le Nord et 1 400 kWh/kWc sur le pourtour méditerranéen. En face, le kWh non acheté au réseau vaut 0,2001 € au tarif réglementé option base 6 kVA, après la hausse de 2,5 % actée par la CRE au 1er août 2026.
| Autoconsommation | kWh gardés | Économie / an | Surplus vendu / an |
|---|---|---|---|
| 30 % | 1 320 kWh | 264 € | 34 € |
| 50 % | 2 200 kWh | 440 € | 24 € |
| 70 % | 3 080 kWh | 616 € | 15 € |
| 85 % | 3 740 kWh | 748 € | 7 € |
Calcul Simulateur Rénov pour 4 400 kWh produits, tarif réglementé de vente au 1er août 2026 (0,2001 €/kWh) et tarif d'achat de l'arrêté du 1er juin 2026 (0,011 €/kWh HT).
La lecture est brutale : plus votre carport est bien utilisé, moins la vente du surplus rapporte. Un carport bien dimensionné pousse mécaniquement le contrat de vente vers l'insignifiance. C'est exactement l'inverse de la logique qui prévalait avant juin 2026, et c'est ce qui rend la question du régime de raccordement à nouveau intéressante.
Ne rien vendre : deux régimes, un seul ouvert au-delà de 3 kVA
Si vous renoncez à vendre, deux voies existent, et elles ne se ressemblent pas. La cession gratuite du surplus laisse le courant partir sur le réseau sans rémunération : Enedis la réserve aux installations dont la puissance de raccordement en injection est inférieure à 3 kVA (page « Je vends le surplus de ma production consommée », mise à jour de mai 2026). Un carport une place démarre à 2,5 kWc et un deux places dépasse largement ce seuil : dans la pratique, cette porte est fermée.
Reste la CACSI. Attention au contresens le plus fréquent : ce n'est pas une autorisation d'injecter gratuitement. Le document Enedis-MOP-RAC_042E est un engagement de non-injection — vous déclarez que rien ne part sur le réseau. Enedis l'ouvre aux installations de 36 kVA ou moins, ce qui couvre tous les carports résidentiels.
| Vente du surplus | CACSI | |
|---|---|---|
| Le surplus | vendu 0,011 €/kWh HT | non injecté |
| Contrat | contrat d'achat 20 ans | convention Enedis |
| Facturation | à émettre chaque année | aucune |
| Matériel | aucun bridage | onduleur bridé ou dispositif anti-injection |
| Compteur | Linky | Linky obligatoire |
D'après les pages Enedis « Je vends le surplus de ma production consommée » et « Autoconsommer la totalité de l'énergie produite par vos panneaux », consultées le 8 septembre 2026.
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Passer en zéro injection : ce que demande Enedis
La démarche se fait entièrement en ligne, sur le portail Enedis-Connect, et ne passe par aucun acheteur d'électricité. Elle tient en quatre points.
- Déposer le formulaire de demande sur connect-racco.enedis.fr, avant la mise en service de l'installation.
- Joindre l'attestation de conformité Consuel, ou une attestation sur l'honneur : Enedis exige le Consuel dès que les travaux modifient le circuit électrique existant ou qu'une batterie est ajoutée — le cas de figure normal pour un carport relié à la maison par une tranchée.
- Accepter les termes de la CACSI, qui formalise l'engagement de non-injection et détaille l'adresse, la puissance installée et le type de matériel.
- Garantir techniquement la non-injection : Enedis cite « un dispositif anti-injection ou un réglage de l'onduleur en zéro injection », piloté par une mesure en temps réel de la consommation de la maison.
Bonne nouvelle en revanche du côté administratif : en autoconsommation sans injection, Enedis précise qu'aucune contractualisation avec un responsable d'équilibre n'est nécessaire. Pas de contrat d'achat, pas d'espace producteur, pas de facture annuelle à émettre.
Pourquoi le carport est le cas où la CACSI se défend le mieux
Parce que le carport abrite précisément l'appareil qui consomme le mieux en plein midi : la voiture. Un véhicule électrique parcourant 12 000 à 13 000 km par an consomme 1 800 à 2 400 kWh, soit près de la moitié de la production d'un carport de 4 kWc — et c'est une charge programmable, que l'on peut caler sur les heures de production.
- Sans pilotage, un foyer autoconsomme couramment 30 à 40 % de sa production.
- Avec une recharge de véhicule électrique calée en journée et un ballon d'eau chaude asservi, on atteint 60 à 80 %.
- Dans cette zone, le surplus vendu tombe sous 20 € par an : le contrat d'achat devient une formalité qui coûte plus d'attention qu'elle ne rapporte.
C'est aussi ce qui distingue le carport d'une pose classique en toiture : la voiture est déjà sous les panneaux. Une borne de recharge modulante, capable de suivre la production, fait plus pour votre facture que n'importe quel contrat de rachat. Et la puissance à installer se calcule désormais à partir de votre consommation de journée, comme nous le détaillons dans notre guide sur la puissance d'un carport solaire en 2026.
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Les trois cas où il vaut mieux garder la vente du surplus
La CACSI n'est pas un réflexe à appliquer partout. Trois situations penchent nettement vers le contrat d'achat classique.
- Vous êtes absent en journée. À 30 % d'autoconsommation, un carport de 4 kWc injecte plus de 3 000 kWh et le contrat rapporte environ 34 € la première année, soit de l'ordre de 830 € sur vingt ans en tenant compte de l'indexation de 2 % par an prévue par l'arrêté du 1er juin 2026. Ce n'est pas rien.
- Votre onduleur ne sait pas brider sa production. Le zéro injection suppose une fonction native ou un boîtier de mesure en tête d'installation. Si le matériel doit être ajouté après coup, son prix dépasse vite les quelques centaines d'euros que la vente aurait rapportées sur toute la durée du contrat.
- Votre installateur gère les démarches. Beaucoup de professionnels déposent le dossier Enedis-Connect et suivent le Consuel dans le forfait de pose. Dans ce cas, la vente ne vous coûte qu'une facture par an — et même à 15 €, vingt ans d'indexation représentent environ 350 €.
Un dernier point rassure : le choix n'est pas définitif. On peut basculer d'un régime à l'autre en redéposant un dossier sur Enedis-Connect. Attention toutefois à la règle rappelée par Enedis — « la date à laquelle votre dossier est complet détermine le tarif d'achat » : en repassant à la vente plus tard, vous prenez le tarif en vigueur ce jour-là, pas celui d'aujourd'hui. Le raisonnement vaut d'ailleurs pour toute installation en autoconsommation, carport comme panneaux solaires en toiture, et il ne change rien au reste du budget d'un carport solaire.
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Questions fréquentes
Combien rapporte le surplus d'un carport solaire en 2026 ?
Entre 7 et 34 € HT par an pour un carport de 4 kWc, selon la part de production consommée sur place. Depuis l'arrêté du 1er juin 2026, applicable aux demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin, le surplus est racheté 1,1 c€/kWh HT, indexé de 2 % par an pendant vingt ans, et la prime à l'investissement a été supprimée. À titre de comparaison, le kilowattheure que vous n'achetez pas au réseau vaut 0,2001 € au tarif réglementé option base depuis le 1er août 2026, soit environ dix-huit fois plus.
Peut-on injecter son surplus gratuitement au lieu de le vendre ?
Oui, mais seulement sous 3 kVA de puissance de raccordement en injection : c'est la cession gratuite du surplus, décrite par Enedis sur sa page consacrée à la vente du surplus. Au-dessus de ce seuil — donc pour la quasi-totalité des carports, qui démarrent autour de 2,5 kWc et dépassent souvent 4 kWc — il ne reste que deux options légales : vendre le surplus sous contrat d'achat, ou signer une CACSI et garantir qu'aucun kilowattheure ne part sur le réseau. La CACSI n'autorise pas l'injection gratuite : c'est un engagement de non-injection.
La CACSI est-elle payante et comment la signe-t-on ?
Elle se demande en ligne sur le portail Enedis-Connect, avant la mise en service, en joignant l'attestation Consuel ou une attestation sur l'honneur puis en acceptant les termes de la convention. Les guides spécialisés, comme Potentiel Solaire dans sa mise à jour du 24 juillet 2026, la décrivent comme gratuite et effective sous une quinzaine de jours. Le vrai poste de dépense n'est donc pas la convention mais l'attestation Consuel, exigée par Enedis dès que les travaux modifient le circuit électrique existant ou qu'une batterie est ajoutée.
Peut-on changer d'avis et se remettre à vendre plus tard ?
Oui : il faut redéposer une demande sur Enedis-Connect pour basculer vers un contrat de vente du surplus. Mais le tarif ne sera pas celui d'aujourd'hui. Enedis précise que « la date à laquelle votre dossier est complet détermine le tarif d'achat » : vous entrerez donc dans le barème en vigueur au moment de cette nouvelle demande. C'est une raison de ne pas traiter le choix du régime comme un détail administratif, même quand les sommes en jeu sont devenues modestes.
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