PAC et grand froid 2026 : à quelle température elle lâche
Une pompe à chaleur air-eau s'arrête à une température extérieure précise, fixée par le fabricant et écrite noir sur blanc dans sa documentation : la TOL. Le règlement européen n° 813/2013 du 2 août 2013 impose qu'elle soit inférieure à −7 °C en conditions climatiques moyennes. Entre cette valeur et la température la plus froide de votre commune, il y a parfois dix degrés d'écart — et une résistance électrique qui les comble à vos frais.

- La TOL est la température extérieure en dessous de laquelle la PAC ne produit plus rien : le règlement (UE) n° 813/2013 la plafonne à −7 °C.
- Le SCOP de l'étiquette énergie est mesuré en « climat moyen », dont la ville de référence de la norme NF EN 14825 est Strasbourg — pas votre commune.
- La température de base qui sert à dimensionner le chauffage vient de la NF EN 12831 : elle dépend de votre département, de votre altitude et de votre distance à la mer.
- Si l'appoint électrique couvre 25 % du besoin au lieu de 8 %, la facture de chauffage monte de 369 € sur la saison au tarif réglementé d'août 2026.
La TOL : la température où votre PAC s'arrête vraiment
La TOL est la température extérieure en dessous de laquelle une pompe à chaleur ne fournit plus aucune chaleur — sa puissance calorifique tombe à zéro. La définition n'est pas commerciale, elle est réglementaire : la fiche d'application RT 2012 du ministère de la Transition écologique, dans sa version 1.1 de juin 2020, la décrit comme « la température extérieure limite de fonctionnement déclarée par le fabricant pour le chauffage », et rappelle que le règlement (UE) n° 813/2013 du 2 août 2013 impose que la TOL soit inférieure à −7 °C dans les conditions climatiques moyennes.
Autrement dit : le minimum légal européen, c'est −7 °C. Beaucoup de modèles descendent bien plus bas — −20 °C, parfois −25 °C — mais rien ne l'oblige. Et entre « la PAC fonctionne encore » et « la PAC couvre seule vos besoins », il existe un second seuil, la température de bivalence (Tbiv) : c'est à partir de là que l'appoint électrique se met à compléter. Ces deux chiffres figurent dans la fiche technique du matériel, jamais en gros sur la plaquette commerciale.
| À chercher sur le devis | Ce que ça signifie | Ce qui doit alerter |
|---|---|---|
| Limite de fonctionnement (TOL) | En dessous, la PAC ne produit plus rien | Doit être < −7 °C ; −7 °C est le minimum légal |
| Bivalence (Tbiv) | Seuil où l'appoint électrique complète | Plus elle est haute, plus la résistance tourne |
| Puissance à −7 °C (Pdh−7) | Ce que la PAC délivre par temps froid | À comparer à vos déperditions à la base |
| Appoint (Psup) | La résistance électrique intégrée | 1 kWh d'élec pour 1 kWh de chaleur |
| Climat du SCOP | « Moyen », « froid » ou « chaud » (NF EN 14825) | « Moyen » ne dit rien du climat froid |
Définitions : règlement (UE) n° 813/2013 du 2 août 2013 et fiche d'application RT 2012 « Prise en compte des données ErP », ministère de la Transition écologique, version 1.1 de juin 2020.
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Le SCOP affiché est mesuré à Strasbourg, pas chez vous
Le SCOP inscrit sur l'étiquette énergie d'une pompe à chaleur vendue en France correspond au « climat moyen » européen, dont la ville de référence retenue par la norme NF EN 14825 est Strasbourg. Cette même norme définit deux autres profils : un climat chaud référencé sur Athènes et un climat froid référencé sur Helsinki. Les fabricants ne sont pas tenus de publier les trois.
Concrètement, le SCOP que l'installateur vous annonce est un rendement saisonnier, moyenné sur tout un hiver strasbourgeois. Il agrège des essais réalisés à quatre températures extérieures — +12 °C, +7 °C, +2 °C et −7 °C — pondérées selon ce climat de référence. Il ne répond donc pas à la question « combien consommera-t-elle la semaine où il fera −12 °C ». Pour cela, c'est la puissance à −7 °C et la TOL qu'il faut lire, pas le SCOP.
La fiche d'application RT 2012 citée plus haut montre d'ailleurs que le calcul réglementaire français s'appuie sur une matrice de performances relevée à −15 °C, −7 °C, +2 °C, +7 °C et +20 °C d'air extérieur. Les données existent : il suffit de les demander. Si vous n'avez pas encore arbitré la taille de la machine, notre guide sur la puissance d'une pompe à chaleur détaille le raisonnement inverse, celui des déperditions.
Votre température de base n'est pas celle du voisin
La température de base est la température extérieure conventionnelle qui sert à dimensionner une installation de chauffage, et elle est propre à votre site. Elle est fixée par la norme NF EN 12831 et son annexe nationale NF P 52-612/CN : le tableau D.1a) donne une valeur par département, ramenée au niveau de la mer, puis le tableau D.1b) la corrige selon l'altitude du site et son éloignement de la mer.
Deux maisons du même département peuvent donc ne pas partager la même température de base. L'altitude la fait descendre — c'est vrai dès qu'on quitte la vallée —, la proximité du littoral la remonte, l'inertie de la mer coupant les extrêmes. Sur le territoire métropolitain, l'écart entre une commune du littoral méditerranéen et une commune d'altitude du Nord-Est dépasse largement les dix degrés.
Un conseiller compare les modèles compatibles avec votre température de base et votre réseau de chauffage.
Ce que l'appoint électrique coûte réellement
Chaque kilowattheure produit par la résistance d'appoint coûte 0,2001 € au tarif réglementé de vente en vigueur depuis le 1er août 2026 (option Base, 3 à 6 kVA, après la hausse moyenne de 2,5 % TTC de cette date). Le même kilowattheure de chaleur produit par la PAC à un COP de 3,8 en coûte 0,053 €. L'écart n'est pas anecdotique : il est d'un facteur nominal de 3,8.
France Rénov' l'écrit sans détour sur sa fiche « La pompe à chaleur » : la PAC air-eau « valorise bien la chaleur puisée dans l'air mais son rendement est variable selon la température extérieure et nécessite un système d'appoint, souvent électrique et intégré au système, pour maintenir le chauffage quand la température extérieure est trop basse ». L'appoint n'est donc pas une anomalie — c'est la part qu'il prend qui se pilote.
| Part du besoin couverte par l'appoint | Électricité consommée sur l'hiver | Coût annuel (surcoût) |
|---|---|---|
| 0 % (PAC seule) | 2 632 kWh | 527 € |
| 8 % | 3 221 kWh | 645 € (+118 €) |
| 15 % | 3 737 kWh | 748 € (+221 €) |
| 25 % | 4 474 kWh | 895 € (+369 €) |
Calcul Simulateur Rénov pour un besoin de chauffage de 10 000 kWh/an et une PAC à SCOP 3,8, au tarif réglementé EDF du 1er août 2026 (0,2001 €/kWh TTC, option Base 6 kVA). Ordres de grandeur : votre besoin réel dépend de l'isolation et de la surface.
Trois réglages font basculer la part de l'appoint sans toucher au matériel : une courbe de chauffe trop agressive, une température de départ d'eau plus haute que nécessaire, et une relance brutale après un abaissement nocturne — qui appelle la résistance au pire moment. Notre guide sur la consommation d'une pompe à chaleur chiffre ces écarts sur une saison complète.
Testez votre éligibilité aux aides 2026 : le dossier doit être déposé avant la signature des travaux.
Ce que ça change pour vos aides depuis le 1er septembre 2026
La pompe à chaleur air-eau est l'un des rares gestes encore financés par MaPrimeRénov' parcours par geste. La fiche d'economie.gouv.fr mise à jour le 28 août 2026 est explicite : depuis le 1er septembre 2026, l'isolation, la ventilation, les équipements au bois et les chauffe-eau thermodynamiques sortent du parcours par geste. Restent la PAC air/eau, la PAC géothermique ou solarothermique, le raccordement à un réseau de chaleur, l'audit énergétique et la dépose de cuve à fioul.
Le même document donne un montant de référence : pour un ménage aux ressources modestes installant une pompe à chaleur air/eau, l'aide est de 4 000 €, dans la limite de 12 000 € de dépense éligible. Deux conditions ne bougent pas : passer par un professionnel RGE, et déposer le dossier avant le démarrage des travaux. Une seule dérogation existe, prévue par la même fiche : une panne de chauffage entre le 1er octobre et le 30 avril, avec deux mois pour régulariser.
Ce détail compte à la mi-septembre : une chaudière qui lâche le 20 septembre n'ouvre pas la dérogation, une qui lâche le 5 octobre oui. Pour comprendre l'architecture complète des aides et des critères techniques, notre page pompe à chaleur regroupe les barèmes et les conditions d'éligibilité en vigueur.
Questions fréquentes
Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle à −10 °C ?
Cela dépend de sa TOL, la température limite de fonctionnement déclarée par le fabricant. Le règlement (UE) n° 813/2013 du 2 août 2013 impose seulement qu'elle soit inférieure à −7 °C en conditions climatiques moyennes : un modèle conforme peut donc s'arrêter dès −8 °C, quand d'autres descendent à −20 °C ou −25 °C. La valeur figure dans la fiche technique du matériel, et c'est à elle qu'il faut comparer la température de base de votre commune avant de signer.
Qu'est-ce que la température de bivalence d'une PAC ?
C'est la température extérieure à partir de laquelle la pompe à chaleur ne couvre plus seule les besoins de chauffage et où l'appoint — le plus souvent une résistance électrique intégrée — prend le relais. Elle est toujours supérieure à la TOL. Plus elle est haute, plus la part d'électricité consommée sans aucun rendement augmente : à 0,2001 €/kWh au tarif réglementé du 1er août 2026, faire passer l'appoint de 8 % à 25 % du besoin coûte 369 € de plus sur un hiver.
Le SCOP annoncé par l'installateur vaut-il pour ma région ?
Non. Le SCOP de l'étiquette énergie correspond au « climat moyen » de la norme NF EN 14825, dont la ville de référence est Strasbourg. La norme prévoit aussi un climat chaud (Athènes) et un climat froid (Helsinki), mais leur publication n'est pas obligatoire. Le SCOP reste utile pour comparer deux machines entre elles sur une base identique ; il ne prédit pas la consommation d'une commune de montagne ni celle du littoral méditerranéen.
Faut-il garder sa chaudière en appoint de la pompe à chaleur ?
C'est techniquement possible — on parle alors de PAC hybride — mais ce n'est plus financé de la même manière. Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov' parcours par geste ne retient que la PAC air/eau, la PAC géothermique ou solarothermique, le raccordement à un réseau de chaleur, l'audit énergétique et la dépose de cuve à fioul, selon la fiche d'economie.gouv.fr mise à jour le 28 août 2026. Conserver une chaudière gaz en secours relève donc d'un choix de confort à financer sur fonds propres.
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