Panneaux solaires au sol en 2026 : ce que le jardin coûte

Guide 2026Mis à jour : octobre 2026·Lecture : 7 min

Des panneaux posés dans le jardin n'ouvrent droit ni au rachat du surplus par EDF OA, ni à la TVA à 5,5 %. Mais depuis la réforme du 5 juin 2026, ce surplus ne vaut plus que 1,1 c€/kWh : sur une installation de 3 kWc, l'écart réel entre une pose au sol et une pose en toiture tombe à environ 485 € sur vingt ans. Voici le calcul, poste par poste, et les deux seuils d'urbanisme qui décident de tout.

Rangée de panneaux photovoltaïques montés sur une structure métallique posée au sol dans le jardin d'une maison individuelle, en fin d'après-midi d'automne
✓ À retenir
  • L'arrêté S21 du 6 octobre 2021, modifié par l'arrêté du 1er juin 2026, ne vise que les installations « implantées sur bâtiment, hangar ou ombrière » : le sol en est exclu, donc pas d'obligation d'achat.
  • Le BOFiP (BOI-TVA-LIQ-30-20-97, version du 22 octobre 2025) réserve la TVA à 5,5 % aux équipements de 9 kWc ou moins installés dans un local à usage d'habitation : une structure de jardin est facturée à 20 %.
  • Sous 3 kWc et sous 1,80 m de hauteur, hors secteur protégé, aucune formalité d'urbanisme n'est exigée (guide réglementaire de la DREAL Grand Est, mise à jour de mars 2026).
  • Le sol économise en revanche les frais de raccordement : la convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) est gratuite, là où un raccordement avec injection coûte environ 1 015 € en monophasé 6 kVA.

Au sol, le rachat du surplus vous est fermé

Une installation photovoltaïque au sol ne peut pas bénéficier de l'obligation d'achat : EDF OA ne rachètera pas son surplus. Une installation « au sol » est une centrale posée sur une structure indépendante ancrée ou lestée dans le terrain, sans rôle porteur du bâtiment — par opposition à une pose en toiture ou sous une ombrière.

La raison tient en une ligne, et elle figure dans le titre même du texte : l'arrêté du 6 octobre 2021, dit S21, fixe les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations « implantées sur bâtiment, hangar ou ombrière » d'une puissance de 500 kWc au maximum. Sa dernière modification, l'arrêté du 1er juin 2026 publié au Journal officiel le 4 juin 2026, n'a pas élargi ce périmètre. Le jardin n'y entre pas.

Ce n'est pas une lecture d'avocat : l'État l'a reconnu noir sur blanc. Dans sa réponse à la question écrite n° 5931, publiée le 21 novembre 2023, le ministère de la Transition énergétique admettait l'absence de dispositif de soutien en guichet ouvert pour les projets au sol de moins de 500 kW, et annonçait un futur arrêté dédié.

Ce futur arrêté a un nom — « petit sol » — et un dossier. Le projet présenté au Conseil supérieur de l'énergie le 25 juillet 2024, détaillé par le syndicat Enerplan, prévoyait 88,3 €/MWh pour les installations au sol jusqu'à 400 kWc, réservées aux terrains dégradés, aux zones U ou AU des documents d'urbanisme et aux trackers. Plus de deux ans plus tard, il n'est toujours pas publié. Un projet au sol lancé aujourd'hui ne peut donc pas compter dessus.

Conséquence pratique : une installation au sol se conçoit en autoconsommation totale. Le surplus non consommé est simplement perdu — injecté gratuitement sur le réseau, ou bloqué par un onduleur réglé à zéro injection. C'est le dimensionnement, et non le contrat, qui devient la variable d'ajustement : on vise la puissance que la maison consomme réellement en journée, pas la surface disponible sur la pelouse.
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La TVA passe de 5,5 % à 20 %, et c'est le poste le plus lourd

Une installation au sol est facturée avec une TVA à 20 %, contre 5,5 % pour une pose en toiture éligible. Sur un devis de 7 000 € hors taxes, l'écart représente 1 015 € — bien davantage que le surplus perdu, comme la section suivante le montre chiffres en main.

Le taux réduit sur le photovoltaïque est entré en application le 1er octobre 2025. Le BOFiP qui le commente (BOI-TVA-LIQ-30-20-97, dans sa version du 22 octobre 2025) pose deux conditions de fond : une puissance inférieure ou égale à 9 kWc, et une installation réalisée « dans des locaux affectés, ou destinés à être affectés à l'issue de leur construction, à un usage d'habitation ». Une structure plantée dans le jardin ne remplit pas la seconde.

S'y ajoutent les critères techniques de l'arrêté du 8 septembre 2025, qui conditionnent le taux réduit à des modules bas carbone — bilan inférieur à 530 kgCO₂eq/kWc, teneurs limitées en argent, plomb et cadmium — et à l'intégration d'un système de gestion intelligente de l'énergie. Ces critères s'appliquent de toute façon, mais ils ne rattrapent pas l'exclusion liée au lieu de pose. Si vous hésitez encore entre toiture et jardin, notre guide sur les conditions réelles de la TVA à 5,5 % détaille chaque critère.

Un mot sur le carport, puisque la question revient : une ombrière figure, elle, dans le champ de l'arrêté S21 et conserve donc le rachat du surplus. Son régime de TVA est en revanche une autre affaire, traitée dans notre guide sur le piège de la TVA à 20 % sur un carport solaire.

Le calcul complet : 485 € d'écart, pas 3 000 €

À devis égal, une installation de 3 kWc au sol en autoconsommation totale revient à environ 485 € de plus sur vingt ans qu'une installation en toiture vendant son surplus. Loin de la pénalité massive qu'on imagine : la réforme de juin 2026 a vidé le rachat du surplus de son intérêt, et le sol récupère au passage les frais de raccordement.

Les hypothèses, posées clairement : un devis de 7 000 € HT, une production de 1 100 kWh par kWc et par an — la fourchette nationale va de 800 à 1 400 kWh/kWc selon Hello Watt, page mise à jour le 1er octobre 2026 —, soit 3 300 kWh par an, et un taux d'autoconsommation de 45 %. Le surplus annuel ressort à 1 815 kWh.

PosteToiture, vente du surplusAu sol, autoconsommation totale
Devis hors taxes7 000 €7 000 €
TVA385 € (5,5 %)1 400 € (20 %)
Frais de raccordement Enedis≈ 1 015 € (monophasé 6 kVA)0 € (CACSI gratuite)
Prime à l'autoconsommation0 € depuis le 5 juin 20260 € (jamais ouverte)
Surplus racheté sur 20 ans≈ 485 € (1 815 kWh à 1,1 c€)0 €
Coût net sur 20 ans≈ 7 915 €≈ 8 400 €

Calcul Simulateur Rénov sur la base de : arrêté S21 du 1er juin 2026 (tarif unique de 1,1 c€/kWh garanti 20 ans, indexé 2 %/an) ; BOFiP BOI-TVA-LIQ-30-20-97 du 22 octobre 2025 ; coût de raccordement monophasé 6 kVA relevé en 2026 par Fournisseurs-Électricité. Hypothèses : 3 kWc, 1 100 kWh/kWc/an, 45 % d'autoconsommation.

Attention au scénario que vous comparez. Ces 485 € ne valent que face à une toiture raccordée en vente de surplus. Si le propriétaire d'un toit choisit lui aussi l'autoconsommation totale, sa CACSI est gratuite comme la vôtre, et le seul écart qui subsiste est celui de la TVA : 1 015 € sur un devis de 7 000 € HT. C'est le vrai chiffre à avoir en tête quand un installateur vous présente le sol comme « équivalent » à la toiture.

Ce que le sol rapporte, en face, se mesure sur la facture : 1 485 kWh autoconsommés à 0,2001 €/kWh — le prix du kWh TTC au Tarif Bleu option base 6 kVA depuis le 1er août 2026, selon la grille issue de la délibération CRE n° 2026-147 du 15 juillet 2026 — soit environ 297 € économisés par an. C'est là, et nulle part ailleurs, que se joue la rentabilité d'un projet au sol en 2026.

Le prix de pose, lui, ne pénalise pas le sol. Fournisseurs-Électricité relevait en 2026 une installation professionnelle de 3 kWc au sol entre 8 500 et 10 500 € posés, soit 2 700 à 3 500 € par kWc — le même niveau qu'une toiture, dont Hello Watt donnait le 18 septembre 2026 une fourchette de 6 000 à 10 500 € TTC pour 3 kWc. La structure et la tranchée coûtent ce que l'échafaudage et la pose en hauteur coûtent ailleurs.

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Urbanisme : tout se décide à 3 kWc et 1,80 m

Sous 3 kWc et sous 1,80 m de hauteur, hors secteur protégé, aucune formalité d'urbanisme n'est exigée pour des panneaux au sol. Au-delà de l'un ou l'autre de ces deux seuils, une déclaration préalable en mairie devient obligatoire.

Les seuils ci-dessous sont ceux du guide réglementaire consacré aux installations photovoltaïques au sol publié par la DREAL Grand Est, dans sa mise à jour de mars 2026. Ils reprennent le régime national, et non une règle locale.

Configuration de l'installation au solFormalité à déposer en mairie
Moins de 3 kWc et moins de 1,80 m de haut, hors secteur protégéAucune formalité
Moins de 3 kWc et 1,80 m de haut ou plusDéclaration préalable
Moins de 3 kWc, en secteur protégéDéclaration préalable
De 3 kWc à moins de 3 MWc, secteur protégé ou nonDéclaration préalable
3 MWc et plusPermis de construire

Source : guide réglementaire sur les installations photovoltaïques au sol, DREAL Grand Est, mise à jour de mars 2026. Secteur protégé : site patrimonial remarquable, abords d'un monument historique, site classé, réserve naturelle, cœur d'un futur parc national.

Deux pièges reviennent systématiquement. D'abord la hauteur : une structure réglée à 30 ou 35° pour optimiser la production franchit vite 1,80 m au point haut, ce qui fait basculer dans la déclaration préalable un projet que le propriétaire croyait dispensé. Ensuite le plan local d'urbanisme, qui peut imposer ses propres règles d'implantation, de recul ou d'aspect même quand le code n'exige rien — un appel au service urbanisme de la mairie règle la question en dix minutes.

Côté réseau, la démarche est la plus légère de toutes les configurations solaires : en autoconsommation totale sans injection, la convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) signée avec Enedis est gratuite, sans travaux ni frais de raccordement. C'est le même mécanisme que celui décrit dans notre guide sur le choix entre vente du surplus et CACSI pour un carport solaire.

Quand le sol est le bon choix, et quand l'ombrière l'est davantage

Le sol s'impose quand la toiture ne peut pas recevoir les panneaux : charpente insuffisante, couverture en fin de vie ou en amiante, orientation nord, ombrage permanent, ou façade en secteur patrimonial où l'architecte des Bâtiments de France refuse la pose visible. Dans ces cas, le jardin n'est pas un choix de confort, c'est la seule option.

  • Toiture inadaptée : avant tout chiffrage, vérifiez ce que la charpente supporte — notre guide sur la capacité de votre toiture à porter des panneaux donne la méthode.
  • Liberté d'inclinaison et d'orientation : au sol, on règle l'angle à 30-35° plein sud sans dépendre des pans existants, ce que la toiture interdit presque toujours.
  • Entretien et refroidissement : les modules restent accessibles de plain-pied pour le nettoyage, et la ventilation à l'arrière limite les pertes de rendement par échauffement.
  • Emprise au sol : il faut compter la place, et accepter de perdre la surface de pelouse correspondante, haies et arbres compris dans le calcul d'ombrage à 20 ans.

Mais avant de couler des plots dans la pelouse, posez-vous la question de l'ombrière. Une ombrière — un carport solaire, en pratique — figure dans le champ de l'arrêté S21 et conserve donc l'accès au rachat du surplus, là où la même surface posée au sol le perd définitivement. Pour un propriétaire qui gare sa voiture dehors, la structure devient doublement utile : elle abrite le véhicule et elle reste dans le régime de l'obligation d'achat. Nos pages panneaux solaires et carport solaire permettent de comparer les deux trajectoires sur un même terrain.

Un dernier conseil de calendrier. En octobre, la production chute et la tentation est de reporter le projet au printemps : c'est au contraire le bon moment pour instruire un dossier d'urbanisme et obtenir des devis comparables, pendant que les plannings d'installateurs se libèrent. Une déclaration préalable prend un mois d'instruction, un délai qui se consomme bien mieux en hiver qu'en avril.

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Questions fréquentes

Peut-on vendre le surplus de panneaux solaires installés au sol ?

Non, pas dans le cadre de l'obligation d'achat. L'arrêté S21 du 6 octobre 2021, modifié par l'arrêté du 1er juin 2026, ne couvre que les installations implantées sur bâtiment, hangar ou ombrière : EDF OA ne signe pas de contrat de rachat pour une structure au sol. Il reste théoriquement possible de négocier un contrat de gré à gré avec un agrégateur, mais aucun acteur ne propose aujourd'hui d'offre standard à cette échelle. Un projet au sol se conçoit donc en autoconsommation totale.

Faut-il une déclaration préalable pour des panneaux solaires dans le jardin ?

Pas si l'installation reste sous 3 kWc et sous 1,80 m de hauteur, et qu'elle n'est pas située en secteur protégé. Dès que l'un de ces seuils est franchi — puissance de 3 kWc ou plus, hauteur de 1,80 m ou plus, ou terrain en site patrimonial remarquable, aux abords d'un monument historique, en site classé ou en réserve naturelle —, une déclaration préalable en mairie devient obligatoire, d'après le guide réglementaire de la DREAL Grand Est mis à jour en mars 2026. Le permis de construire n'intervient qu'à partir de 3 MWc, hors de portée d'un particulier.

Quelle TVA s'applique à des panneaux solaires au sol ?

20 %. Le taux réduit de 5,5 %, applicable depuis le 1er octobre 2025, est réservé par le BOFiP (BOI-TVA-LIQ-30-20-97, version du 22 octobre 2025) aux équipements d'une puissance inférieure ou égale à 9 kWc installés dans des locaux affectés à un usage d'habitation. Une structure indépendante posée dans le jardin sort de ce périmètre. Sur un devis de 7 000 € hors taxes, l'écart entre les deux taux représente 1 015 €.

Des panneaux au sol produisent-ils plus qu'en toiture ?

Souvent un peu plus, à surface égale, pour deux raisons : l'inclinaison et l'orientation sont libres, donc réglables à 30-35° plein sud, alors qu'une toiture impose ses pans ; et la ventilation à l'arrière des modules limite les pertes par échauffement. La production reste comprise entre 800 et 1 400 kWh par kWc et par an selon la région et les conditions d'installation, d'après Hello Watt dans sa page mise à jour le 1er octobre 2026. Ce gain de production ne compense toutefois pas, à lui seul, l'écart de TVA de 14,5 points.

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