Panneaux solaires en hiver 2026 : la production mois par mois

Guide 2026Mis à jour : septembre 2026·Lecture : 7 min

Un 3 kWc plein sud produit 103 kWh en décembre à Lille contre 387 kWh en juillet : 3,8 fois moins. Ces chiffres viennent de PVGIS, l'outil de calcul de la Commission européenne, que nous avons interrogé le 8 septembre 2026 pour six villes françaises. Et pourtant, depuis que le surplus n'est plus racheté que 1,1 c€/kWh, ce kWh de décembre rapporte deux fois plus que celui de juillet. Voici les chiffres, mois par mois.

Panneaux solaires photovoltaïques posés en surimposition sur la toiture en tuiles d'une maison individuelle, sous un ciel dégagé
✓ À retenir
  • De décembre à février, un 3 kWc plein sud produit 12 % (Lille) à 17 % (Marseille) de sa production annuelle — données PVGIS, moyennes 2005-2020.
  • Depuis l'arrêté tarifaire du 1er juin 2026, le surplus est racheté 1,1 c€/kWh et la prime à l'autoconsommation est supprimée : seul le kWh consommé chez soi a de la valeur.
  • Un kWh produit en décembre vaut 0,18 € contre 0,087 € en juillet, parce qu'en hiver il est presque intégralement autoconsommé.
  • Passer de 30° à 60° d'inclinaison à Paris fait gagner 26 % en décembre et ne coûte que 4 % sur l'année (calcul PVGIS).

Ce qu'un 3 kWc produit chaque mois, ville par ville

Un 3 kWc plein sud incliné à 30° produit entre 103 et 247 kWh en décembre selon la ville, contre 387 à 537 kWh en juillet. Le productible, c'est le nombre de kilowattheures qu'un kilowatt-crête (kWc) de panneaux fournit en un an à un endroit donné : il va d'environ 1 060 kWh/kWc à Lille à 1 590 kWh/kWc à Marseille. Les chiffres ci-dessous sortent de PVGIS, le calculateur public de la Commission européenne (base de rayonnement SARAH2, moyennes 2005-2020), interrogé le 8 septembre 2026 pour une installation de 3 kWc plein sud, inclinée à 30°, avec 14 % de pertes système.

MoisLille (kWh)Marseille (kWh)
Janvier111264
Février161311
Mars276419
Avril371453
Mai383493
Juin386510
Juillet387537
Août344506
Septembre302427
Octobre216345
Novembre133259
Décembre103247
Total année3 1744 771

PVGIS (Commission européenne), 3 kWc plein sud à 30°, données consultées le 8 septembre 2026.

L'écart entre le meilleur et le pire mois est le vrai marqueur : 3,8 à Lille, 2,2 à Marseille. Autrement dit, plus on descend vers le sud, plus la production est régulière — pas seulement plus élevée. Sur les six villes testées, la période octobre-mars pèse 32 % de l'année à Lille et 39 % à Marseille.

VilleDécembreJuilletAnnée
Lille103 kWh387 kWh3 174 kWh
Paris129 kWh413 kWh3 409 kWh
Nantes154 kWh423 kWh3 641 kWh
Lyon154 kWh450 kWh3 812 kWh
Bordeaux174 kWh429 kWh3 816 kWh
Marseille247 kWh537 kWh4 771 kWh

PVGIS, même configuration (3 kWc, plein sud, 30°, pertes 14 %), relevé du 8 septembre 2026.

Pourquoi le kWh de décembre rapporte deux fois celui de juillet

Un kWh produit en décembre rapporte environ 0,18 €, contre 0,087 € pour un kWh produit en juillet — soit 2,1 fois plus. La raison tient à une décision réglementaire de juin. L'arrêté tarifaire du 1er juin 2026 a fixé un tarif de rachat unique de 1,1 c€/kWh pour toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026, et il a supprimé la prime à l'autoconsommation. Photovoltaique.info, le portail de référence de la filière, a détaillé ce nouveau tarif unique dès sa parution.

En face, le tarif bleu d'EDF est à 0,2001 €/kWh TTC en option base (6 kVA) depuis la révision du 1er août 2026. Le kWh que vous consommez vous-même vaut donc 18 fois le kWh que vous injectez. Or la saison décide de ce partage : en décembre, la production est faible et la maison consomme beaucoup, donc presque tout est absorbé sur place ; en juillet, c'est l'inverse. Selon EDF Solutions Solaires, un logement chauffé à l'électricité consomme environ 500 kWh par mois en hiver contre 200 kWh en été.

Mois (Lille)ProduitAutoconsomméValeur
Décembre103 kWh90 %18,70 €
Mars276 kWh70 %39,60 €
Juillet387 kWh40 %33,50 €
Octobre216 kWh75 %33,00 €
Année entière3 174 kWh377 €

Calcul : kWh autoconsommé valorisé à 0,2001 € (tarif bleu au 1er août 2026), surplus à 0,011 € (arrêté du 1er juin 2026). Taux d'autoconsommation retenus pour un logement occupé en journée avec chauffe-eau électrique.

Exemple chiffré : juillet produit 284 kWh de plus que décembre à Lille, mais ne rapporte que 14,80 € de plus. Les 232 kWh injectés en juillet valent 2,55 € au total — le prix d'un café. C'est toute la différence entre « produire beaucoup » et « produire au bon moment ».
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Incliner davantage : +26 % en décembre, −4 % sur l'année

À Paris, passer une installation de 30° à 60° d'inclinaison fait gagner 26 % de production en décembre et n'en coûte que 4 % sur l'année. Nous avons fait tourner PVGIS sur quatre configurations, toutes à 3 kWc, le 8 septembre 2026. La logique est géométrique : le 21 décembre à midi, le soleil culmine à moins de 18° au-dessus de l'horizon à la latitude de Paris (90° − 48,9° − 23,4°). Un panneau presque à plat le reçoit de biais ; un panneau redressé lui fait face.

Configuration (Paris)DécembreDéc-févAnnée
Sud, 15°98 kWh353 kWh3 223 kWh
Sud, 30° (référence)129 kWh437 kWh3 409 kWh
Sud, 60°162 kWh519 kWh3 261 kWh
Est, 30°63 kWh253 kWh2 791 kWh

PVGIS, 3 kWc, pertes 14 %, relevé du 8 septembre 2026.

Deux enseignements pratiques. D'abord, sur une toiture existante on ne choisit pas la pente : c'est une donnée du bâtiment, et l'arbitrage ne se pose qu'en pose au sol, sur carport solaire ou sur toiture-terrasse. Ensuite, l'orientation pèse bien plus lourd que la pente : plein est, décembre s'effondre de moitié (63 kWh contre 129) et l'année perd 18 %.

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Ce que la saison change au dimensionnement

Depuis la réforme de juin 2026, la bonne installation n'est plus la plus grosse, c'est celle dont la production est la mieux absorbée par le logement. Un surplus racheté 1,1 c€/kWh ne rembourse plus les kilowatts-crête excédentaires : chaque kWc de trop met des années à s'amortir, comme le rappelle notre dossier panneaux solaires. Trois leviers changent le calcul, dans cet ordre d'efficacité :

  1. Décaler les gros usages en journée. Chauffe-eau, lave-linge, lave-vaisselle : programmés entre 10 h et 16 h, ils consomment pile pendant la fenêtre de production hivernale.
  2. Coupler avec un chauffage électrique performant. Une pompe à chaleur tourne justement de novembre à mars, quand le taux d'autoconsommation est au plus haut : c'est le meilleur allié du solaire en hiver.
  3. Stocker, mais sans se raconter d'histoires. Une batterie déplace la production du midi vers le soir ; elle ne crée pas de production en décembre. Nous avons détaillé les seuils de rentabilité dans notre guide batterie solaire 2026.

Un routeur solaire répond au même problème pour quelques centaines d'euros : il envoie le surplus vers le ballon d'eau chaude plutôt que vers le réseau. En mi-saison, c'est souvent le meilleur rapport gain/investissement.

Neige, ombres, salissures : ce qui compte vraiment de novembre à février

En hiver, ce sont les ombres portées, pas la neige ni le froid, qui font perdre le plus de production. Avec un soleil à 18° au-dessus de l'horizon en décembre à Paris, l'ombre d'un obstacle est plus de trois fois plus longue que sa hauteur : un arbre de 8 m projette 25 m d'ombre à midi. Une cheminée, un pignon voisin ou un poteau qui ne gênent jamais en juin peuvent couper la production quatre mois par an.

  • Le froid n'est pas un problème : le rendement d'un module silicium augmente quand la température baisse. Une journée claire à 2 °C est meilleure qu'une journée claire à 35 °C.
  • La neige, oui, mais brièvement : sur une toiture inclinée elle glisse en général en un à trois jours ; PVGIS intègre déjà ces aléas dans ses moyennes 2005-2020.
  • La saleté compte peu en France métropolitaine : la pluie hivernale lave les modules. Un nettoyage annuel proposé à plusieurs centaines d'euros est rarement justifié.
  • Les ombres se mesurent avant la signature : un installateur sérieux relève le masque solaire (horizon et obstacles proches) et l'intègre à son étude de production.
À vérifier sur le devis : une étude de production qui n'affiche qu'un total annuel ne dit rien de l'hiver. Exigez le détail mensuel et le taux d'autoconsommation retenu — depuis la suppression de la prime en juin 2026, c'est ce taux, et lui seul, qui détermine la rentabilité.
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Questions fréquentes

Combien produisent des panneaux solaires en hiver ?

De décembre à février, un 3 kWc plein sud incliné à 30° produit 375 kWh à Lille et 822 kWh à Marseille, soit 12 % à 17 % de sa production annuelle (données PVGIS, moyennes 2005-2020, relevées le 8 septembre 2026). Le mois le plus faible est décembre : 103 kWh à Lille, 247 kWh à Marseille. Sur l'ensemble de la période octobre-mars, on récupère environ un tiers de la production de l'année.

Est-ce rentable d'installer des panneaux solaires maintenant, avant l'hiver ?

Oui, à condition de viser l'autoconsommation. Depuis l'arrêté du 1er juin 2026, le surplus n'est racheté que 1,1 c€/kWh alors que le kWh acheté au tarif bleu coûte 0,2001 € TTC depuis le 1er août 2026. Une mise en service à l'automne fait démarrer l'installation pendant les mois où le taux d'autoconsommation est le plus élevé, donc où chaque kWh produit est le mieux valorisé.

Faut-il incliner davantage ses panneaux pour l'hiver ?

Sur une pose au sol ou un carport, oui : à Paris, une inclinaison de 60° au lieu de 30° donne 26 % de production supplémentaire en décembre pour seulement 4 % de perte annuelle (calcul PVGIS du 8 septembre 2026). Sur une toiture existante, la pente est imposée par le bâtiment et l'arbitrage ne se pose pas. L'orientation reste plus déterminante que la pente : plein est, la production de décembre chute de moitié.

La neige et le froid font-ils baisser le rendement des panneaux ?

Le froid améliore le rendement des modules silicium : une journée claire et froide produit mieux qu'une journée claire et caniculaire. La neige bloque effectivement la production, mais elle glisse généralement en un à trois jours sur une toiture inclinée, et ces épisodes sont déjà intégrés dans les moyennes PVGIS. Le vrai facteur de perte hivernale reste l'ombre portée, très allongée quand le soleil culmine à moins de 18°.

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