Pompe à chaleur 2027 : rentable si l'électricité monte ?
Au tarif d'octobre 2026, il faudrait que l'électricité passe de 0,2001 à 0,44 €/kWh — une hausse de 122 % — pour qu'une pompe à chaleur au rendement réel moyen coûte autant à faire tourner qu'une chaudière gaz à condensation. Une pompe à chaleur air-eau est un appareil qui prélève la chaleur de l'air extérieur pour la transmettre au circuit de chauffage : elle restitue 2 à 4 kWh de chaleur par kWh d'électricité consommé, ce qui divise d'autant l'effet d'une hausse de tarif. Et pendant que les marchés de gros s'affolent pour 2027, c'est le gaz qui a réellement augmenté en 2026 : +48 % en neuf mois.

- Tarif bleu option Base : 0,2001 €/kWh TTC depuis le 1er août 2026, prochaine révision le 1er février 2027.
- Prix repère gaz de la CRE, profil chauffage : 0,0986 €/kWh en janvier 2026, 0,1456 €/kWh en octobre, soit +48 %.
- Point de bascule calculé : l'électricité devrait atteindre 0,44 €/kWh pour qu'une PAC au COP 2,9 revienne au prix du gaz.
- Le bond des marchés (107,09 €/MWh le 13 octobre 2026) est lissé sur 24 mois : il ne passe pas tel quel dans la facture.
- À quel prix de l'électricité une PAC perd-elle l'avantage ?
- Pourquoi 107 €/MWh sur les marchés ne font pas +40 % sur la facture
- Ce qui est réellement sur la table pour le 1er février 2027
- Le vrai mouvement de 2026, c'est le gaz : +48 % en neuf mois
- Trois leviers qui pèsent plus lourd que le tarif
- Questions fréquentes
À quel prix de l'électricité une PAC perd-elle l'avantage ?
À 0,44 €/kWh. C'est le niveau que devrait atteindre le kWh d'électricité pour qu'une pompe à chaleur affichant un COP réel de 2,9 — la moyenne relevée par l'Ademe sur 100 maisons instrumentées pendant un hiver entier — coûte autant à faire tourner qu'une chaudière gaz à condensation au prix repère d'octobre 2026. Le tarif bleu d'EDF, option Base, étant à 0,2001 €/kWh TTC depuis le 1er août 2026, il faudrait une hausse de 122 % en une seule fois.
| COP réel de la PAC | Coût du kWh de chaleur aujourd'hui | Prix de l'électricité qui égale le gaz |
|---|---|---|
| 2,0 — installation mal réglée | 0,100 € | 0,306 €/kWh (+53 %) |
| 2,9 — moyenne mesurée par l'Ademe | 0,069 € | 0,444 €/kWh (+122 %) |
| 3,5 — plancher chauffant, bien réglée | 0,057 € | 0,536 €/kWh (+168 %) |
Calcul Simulateur Rénov'. Électricité : tarif bleu option Base 0,2001 €/kWh TTC en vigueur depuis le 1er août 2026. Référence gaz : prix repère CRE d'octobre 2026 (0,1456 €/kWh TTC, profil chauffage B1) avec une chaudière à condensation à 95 % de rendement, soit 0,153 € le kWh de chaleur.
La raison tient en une division. Une pompe à chaleur air-eau ne transforme pas l'électricité en chaleur, elle la déplace : chaque kWh facturé en produit deux à quatre côté chauffage. Une hausse de tarif s'applique donc à une facture déjà divisée par trois. C'est aussi pourquoi le réglage de votre installation pèse plus lourd que le tarif lui-même : dans la campagne de mesure de l'Ademe, les meilleures installations dépassaient un COP de 4 quand les plus mauvaises plafonnaient à 1,8, soit plus du double sur la facture à tarif identique — le détail est dans notre analyse des 100 maisons mesurées.
Le seuil de bascule dépend du COP que votre logement permet d'atteindre et de l'énergie que vous payez aujourd'hui. Le simulateur calcule les deux en deux minutes.
Pourquoi 107 €/MWh sur les marchés ne font pas +40 % sur la facture
Parce que la CRE n'achète pas l'électricité de 2027 au prix du jour. Sa méthode, fixée par la délibération du 9 octobre 2025, étale l'approvisionnement en vingt-quatre achats mensuels successifs — un « ruban lissé ». Fin août 2026, vingt de ces vingt-quatre achats étaient déjà passés, à une moyenne de 58,30 €/MWh. La flambée de septembre et d'octobre ne touche donc, au pire, que quatre mois sur vingt-quatre.
| Contrat électricité 2027 sur l'EEX | Prix |
|---|---|
| Moyenne des achats de janvier 2025 à août 2026 (20 mois sur 24) | 58,30 €/MWh |
| Septembre 2026 | 85,29 €/MWh |
| Clôture du 13 octobre 2026 | 107,09 €/MWh |
| Moyenne lissée sur 24 mois si ce niveau tient jusqu'en décembre | environ 65 €/MWh |
Bulletin des marchés de gros de la CRE du 1er octobre 2026 et cotations EEX du contrat base 2027, relevées le 13 octobre 2026.
Dans ce scénario défavorable, la moyenne lissée progresse d'environ 12 % sur la seule part énergie. Or cette part ne représente qu'un tiers de ce que vous payez : la CRE retenait 6,4 c€ d'approvisionnement sur les 20,01 c€ du tarif dans son estimation de juillet 2026, le reste étant l'acheminement et les taxes. Un marché qui double ne double donc jamais une facture de particulier.
Ce qui est réellement sur la table pour le 1er février 2027
Une hausse mécanique de 3 à 4 %, selon l'estimation de Nicolas Goldberg (Colombus Consulting) publiée en octobre 2026 : le kWh passerait d'environ 0,2001 € à 0,208 €. Rien n'est décidé — la CRE ne proposera son niveau qu'à la mi-janvier 2027 et l'État tranchera avant le 1er février. Le 7 octobre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que « le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver » et demandé à EDF de mobiliser ses capacités de production : c'est une intention, pas un gel.
- Ce qui pousse à la hausse : la composante hiver du tarif, calculée sur une moyenne d'un an, donc sensible aux cotations récentes ; le rattrapage du mécanisme de capacité de février à août 2026.
- Ce qui pousse à la baisse : l'accise sur l'électricité, à 30,62 €/MWh depuis le 1er août 2026, doit de nouveau reculer en février 2027 ; le rattrapage sur les tarifs d'acheminement s'arrête à la même date.
- Ce qui ne bouge pas : la part énergie déjà achetée, verrouillée par le lissage sur vingt-quatre mois.
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Le vrai mouvement de 2026, c'est le gaz : +48 % en neuf mois
Le prix repère de vente du gaz publié chaque mois par la CRE pour un ménage qui se chauffe (profil B1) est passé de 0,0986 €/kWh TTC en janvier 2026 à 0,1456 €/kWh en octobre 2026, soit +48 % en neuf mois — dont +8 % sur le seul mois d'octobre. Sur la même période, le tarif bleu de l'électricité est passé de 0,1940 € (grille du 1er février 2026) à 0,2001 € (1er août 2026) : +3,1 %. Les deux énergies ne sont pas sur la même trajectoire.
- Janvier 2026 : 0,0986 €/kWh (prix repère CRE, profil chauffage).
- Mai 2026 : 0,1256 €/kWh, après un bond de 20,6 % en un mois.
- Septembre 2026 : 0,1347 €/kWh.
- Octobre 2026 : 0,1456 €/kWh, avec une nouvelle hausse estimée à 8,3 % pour novembre.
Le fioul a suivi le même chemin, en pire : le relevé hebdomadaire de la DGEC du 2 octobre 2026 donne 1,9071 €/L TTC pour une livraison de 2 000 à 4 999 litres, contre 1,119 €/L au 3 octobre 2025. Ramené au kWh de chaleur avec une chaudière à 90 % de rendement, cela fait 0,212 € — trois fois le coût d'une PAC au COP 2,9. Pour qui chauffe encore au fioul ou au gaz, la question de 2026 n'est donc plus la rentabilité du changement mais son calendrier, puisque MaPrimeRénov' pour les pompes à chaleur doit fermer fin 2027.
Trois leviers qui pèsent plus lourd que le tarif
- La loi d'eau. C'est le réglage qui fixe la température de l'eau envoyée dans les radiateurs. L'Ademe chiffre le gain : abaisser cette température de 10 °C fait gagner environ un point de COP, et la plage utile se situe entre 35 et 45 °C, contre 60 °C avec une chaudière. Un point de COP, c'est un quart de facture de chauffage.
- Les heures creuses. Au tarif bleu en vigueur depuis le 1er août 2026, le kWh est facturé 0,1589 € en heures creuses contre 0,2142 € en heures pleines, soit 26 % d'écart. Programmer l'eau chaude sanitaire et décaler la chauffe suffit généralement à basculer la part nécessaire : voir comment reprogrammer sa PAC.
- Le prix fixe. L'offre intégrée pour les pompes à chaleur, ouverte le 1er octobre 2026, comprend l'électricité à prix fixe pendant trois ans et un contrat de maintenance d'au moins trois ans ; service-public.gouv.fr indiquait le 7 octobre 2026 une aide moyenne estimée à 9 800 € par ménage. Elle est réservée aux propriétaires de maison aux revenus modestes et très modestes — conditions détaillées ici.
Ces trois leviers se jouent au moment du devis, pas après. Un dimensionnement trop large, des émetteurs inadaptés ou une loi d'eau laissée au réglage d'usine coûtent, sur quinze ans, bien plus cher que les quelques pour cent dont le tarif réglementé bougera le 1er février 2027.
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Questions fréquentes
L'électricité va-t-elle augmenter le 1er février 2027 ?
Aucune hausse n'est officiellement décidée à ce jour. La CRE proposera un niveau à la mi-janvier 2027 et l'État tranchera avant le 1er février. L'estimation de Nicolas Goldberg (Colombus Consulting), publiée en octobre 2026, situe la hausse mécanique entre 3 et 4 %, après les 2,5 % en moyenne du 1er août 2026. Le 7 octobre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré souhaiter que le prix n'augmente pas cet hiver, sans annoncer de gel.
À partir de quel prix de l'électricité une pompe à chaleur coûte-t-elle plus cher que le gaz ?
0,44 €/kWh pour une pompe à chaleur au COP réel de 2,9, contre 0,2001 €/kWh au tarif bleu d'octobre 2026 : il faudrait +122 % d'un coup. Pour une installation médiocre au COP de 2,0, le seuil descend à 0,31 €/kWh, soit +53 %. Aucun scénario envisagé pour février 2027, qui tourne autour de 3 à 4 %, n'en approche. Le calcul prend le gaz au prix repère CRE d'octobre 2026, avec une chaudière à condensation à 95 % de rendement.
Faut-il un contrat heures creuses quand on a une pompe à chaleur ?
Dans la plupart des cas oui. L'option heures pleines / heures creuses du tarif bleu facture le kWh 0,1589 € en heures creuses contre 0,2142 € en heures pleines, selon la grille en vigueur depuis le 1er août 2026. Comparée à l'option Base à 0,2001 €, elle devient gagnante dès qu'environ un quart de la consommation bascule en heures creuses — un seuil qu'une PAC atteint facilement en programmant l'eau chaude sanitaire. Sans aucune programmation, en revanche, elle coûte plus cher, puisque les heures pleines y sont 7 % au-dessus du tarif Base.
Combien économise-t-on en passant du gaz à la pompe à chaleur aux prix d'octobre 2026 ?
Environ 1 600 € par an pour une maison qui consomme 15 000 kWh de chaleur. Au prix repère CRE d'octobre 2026, cette maison paie 2 656 € de gaz abonnement compris ; la même chaleur produite par une pompe à chaleur au COP de 2,9 revient à 1 035 € d'électricité au tarif bleu. L'écart dépend surtout du COP réellement atteint : il tombe à environ 1 150 € avec un COP de 2,0 et monte vers 1 800 € avec un COP de 3,5.
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